• Le vin.

    Lorsque j’aurai bu tout ça

    Je remontrai l’escalier très étroit

    Sur les murs vagues et géants

    D’une épaule sur l’autre m’appuyant

     

    Des tourbillons de marches porteront

    Mollement mes pieds en tire-bouchons

    Ma carcasse gondolée en équilibre flou

    S’évanouira en sursauts mous

     

    Ma main sera une algue folle

    La rampe une longue anguille molle

    La tête un galet roulé par des vagues de vin

    L’horizon ondulera dans mes yeux éteints

     

    Tout en haut des marches enfin arrivé

    Je serai à genoux pour dégobiller et prier

    Le ciel lourd et noir qui s’abattra sur moi

    Et écrasera ma misérable gueule de bois

     

    Mais hé hé hé de tout cela rien n’est arrivé

    C’est une seule fraiche petite gorgée

    De nectar fin délicieux et raffiné

    Qui entre mes lèvres a glouglouté

     

    J’ai senti toutes les odeurs

    Des fruits du miel et des fleurs

    Jaillirent en bulles frileuses

    Dans mon nez et mon âme joyeuse

     

    Epilogue :

    Dans ma voiture au carrefour plus loin

    La maréchaussée filtre au check-point

    Rien pas un effluve pas une molécule

    Pour l’éthylotest qui en reste sur son cul.

    « Moulin à marée du Birlot - Bréhat - Côtes d'Armor, août 2014.Larguer les amarres. »

  • Commentaires

    17
    Samedi 20 Décembre 2014 à 09:32

    Ardence,

    Je ne sais pas si je dois vous remercier de faire ainsi de l'ombre à mon misérable texte en mettant en parallèle mettant celui de G.Couté. NAN, JE RIGOLE he!

    Oui, je connais ce poème de G.Couté grâce au groupe "La Tordue" qui en a fait une belle interprétation (j'ai les albums de "La Tordue").

    Je les ai vu dans un concert d'une ambiance extraordinaire et dans un autre accompagner le merveilleux Paco Ibanez pour une chanson. Paco participe à leur album "Le vent t'invite" dans la chanson "Grand-Père".

    Merci Ardence pour votre message.

    16
    Samedi 20 Décembre 2014 à 00:55

    Sur le pressoir

    Sous les étoiles de septembre
    Notre cour a l'air d'une chambre
    Et le pressoir d'un lit ancien ;
    Grisé par l'odeur des vendanges
    Je suis pris d'un désir
    Né du souvenir des païens.

    Couchons ce soir
    Tous les deux, sur le pressoir !
    Dis, faisons cette folie ?...
    Couchons ce soir
    Tous les deux sur le pressoir,
    Margot, Margot, ma jolie !

    Parmi les grappes qui s'étalent
    Comme une jonchée de pétales,
    Ô ma bacchante ! roulons-nous.
    J'aurai l'étreinte rude et franche
    Et les tressauts de ta chair blanche
    Ecraseront les raisins doux.

    Sous les baisers et les morsures,
    Nos bouches et les grappes mûres
    Mêleront leur sang généreux ;
    Et le vin nouveau de l'Automne
    Ruissellera jusqu'en la tonne,
    D'autant plus qu'on s'aimera mieux !

    Au petit jour, dans la cour close,
    Nous boirons la part de vin rose
    Oeuvrée de nuit par notre amour ;
    Et, dans ce cas, tu peux m'en croire,
    Nous aurons pleine tonne à boire
    Lorsque viendra le petit jour.

     

    Gaston Couté

    15
    Samedi 20 Décembre 2014 à 00:52

    https://www.youtube.com/watch?v=cOtGQXW91J0

    C'est, pour moi, la meilleure interprétation.

     

    14
    Samedi 20 Décembre 2014 à 00:40

    Entrer dans un chai c'est comme entrer dans une église à l'heure où le prêtre boit au calice et que l'assemblée retient on souffle. A vous lire, toutes les senteurs de terre et de fruit chatouillaient mes papilles.

     

    Ah! Connaissez-vous "le pressoir" de Gaton Couté? Si non, il vous faut l'écouter . (sur deezer ou youtube) Je ne sais pas comment le publier ici..

     

     

    13
    Jeudi 4 Décembre 2014 à 11:46

    Oui Pascale, dans l'imaginaire tout est imaginable.

    "...Mais hé hé hé de tout cela rien n’est arrivé..."

    Merci d'y avoir cru un instant, c'est ma récompense wink2.

    12
    Jeudi 4 Décembre 2014 à 09:43

    Joliment écrit, mais si tu bois tout cela, je doute que tu sois capable de monter la moindre marche ;-)
    Bonne journée

    11
    Mercredi 3 Décembre 2014 à 09:45

    Joli, ce poème !

    10
    Mardi 2 Décembre 2014 à 14:49

    hello

    joli poême

    bon mardi

    amitié

    Marcelle

    9
    Vendredi 28 Novembre 2014 à 15:54

    Buvons ses belles paroles,d'autant plus qu'elles ne saoulent pas ..

    Bon Week end et encore bravo

    8
    Vendredi 28 Novembre 2014 à 11:04

    Bonjour à tous, merci pour vos compliments qui me touchent beaucoup.

    Oui Osyss, oui à l'alcool imaginaire, celui de Baudelaire par exemple :

    "...Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps,
    enivrez-vous;
    enivrez-vous sans cesse!
    De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise..."

    Pardon à Baudelaire, je retiendrai surtout la poésie (enfin, j'essaye!).

     

    7
    Mercredi 26 Novembre 2014 à 23:06

    Tout est terrible, c'est amusant ,je marchais à côté tranquillement en me marrant .....

    et c'est bien connu c'est arrivé au copain du copain du copain ...ça ne sent pas du tout le vécu

    les hé hé hé traitres résonnent encore dans l'escalier

    le nectar c'était un souvenir de la première gorgée sous le tonneau

    ..Normal dirais je , je conduisais

     

    vraiment génial !

    bravo et merci

    (l'alcool vous va si bien lol)

    6
    Mercredi 26 Novembre 2014 à 15:54

    Excellent !

    5
    Mercredi 26 Novembre 2014 à 14:09

    " des tourbillons de marche porteront

    mollement mes pieds en tire-bouchons " , j'aurais aimé trouvé ces mots !

    Je dois avouer que l'image de vos pieds en tire-bouchons me fait sourire. Merci pour cette gouleyante gorgée rafraîchissante.

    4
    Mercredi 26 Novembre 2014 à 14:06

    Joli texte, bravo

    3
    Mardi 25 Novembre 2014 à 19:11

    très belle photo et plume!

    2
    michele
    Mardi 25 Novembre 2014 à 10:47

    Bonjour, moi c'est Michèle.


    Depuis une semaine où on m'a fait découvrir ton blog, je ne me lasse pas de relire ces poèmes. Une fraicheur, dans ce monde de fous ! Les mots sont simples, mais choisis avec justesse. Pas de grandes phrases alambiquée, une concision qui nous laisse respirer. Du Prévert comme je disais à mon amie Noëlle ! En fait on dirait l'oeil d'un photographe ou d'un peintre qui nous raconte une histoire... Merci


     


     

    1
    Noyelle
    Mardi 25 Novembre 2014 à 09:10

    j'aime bien la chute" faire la nique à la maréchaussé" on dirait du Brassens

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