• Têtenoire et Angebleu

     

    _ « Bonjour M’sieur Dame Angebleu

    _Bonjour Madame Têtenoire ».

     

    Madame Têtenoire :

    _  « Je fais mes courses mouches chenilles

    Mon mari est à la maison avec la famille

    Demain à son tour après la leçon de chant

    Il ira à l’épicerie de la haie des champs

    Je tiendrai au chaud les petits bambins

    Dans le nid douillet des arbustes du jardin ».

     

    Madame Angebleu :

    _ « M’sieur ravitaille en mouches et pucerons

    Acrobate il chasse dans de drôles de positions

    C’est son travail exclusif tout le jour durant

    Sur le bord des chemins là où on l'entend

    Tandis que moi je veille mes petits becs

    Dans le tronc cosi de cet arbre bien au sec ».


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  • Madame,

    Madame je vous attends

     

    Mes dentelles sont douces et mon coton est délicat.

    Ma dentellière a de petites lunettes dorées sur le bout du nez.

    Je suis cousue finement avec des aiguilles agiles et un dé en bois.

    Ma couturière marie les fils entre ses doigts de fée.

     

    Que vous soyez grande ou petite un peu fine ou un peu ronde,

    En tenue de travail ou de balade, à la campagne comme à la ville,

    Vous serez vêtue comme une jolie fleur brune blonde ou rousse black or white *** .

    Vous aurez la silhouette légère d’une hirondelle sur un fil.

     

    *** suite à la remarque judicieuse de José.

     

    Avis aux curieuses et aux curieux :

    Photo prise au salon Ille et bio de Guichen (35580) en 2010.

    Pour 2014 : http://www.illeetbio.org/wp-content/uploads/2014/08/depliant-salon-2014_web.pdf


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  • Mi-clos

    Les yeux du chat

    Les volets pelés

     

    Silencieux

    Le chat à midi

    La ruelle déserte

     

    Chauds

    Le chat roux

    Les parfums de cuisine

     

    Curieux

    Le chat sphinx

    L’œil du chaland

     

    Là-haut

    Le chat perché

    Le soleil au zénith


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  • Dedans dehors

     

    Dedans

    Tic tac tic tac le silence

    La pendule balance

    Crac tchac le feu ressuscite

    La breihz crépite

    Blop blop La soupe mijote

    Sur le coin la bouillotte

    Rrrron Les chatons

    Papattes en rond

    Tuit’ tuit’ le petit canari

    Tête dans l’aile blotti.

    Iiihhuuiii la porte fermée

    Dedans protégé.

     

     

    Dehors

    Crôâââ la corneille

    Baille a sommeil

    Tiruli le rougegorge s’égosille

    Egrène trois notes fragiles

    Bzzz ZZzzz l’abeille

    S’endort sur son miel

    Tip tip tip la pluie

    Cinq heures la nuit

    Ssss ssss la bise

    Souffle grise

    Fffrrrrr la lande frissonne

    Dehors plus personne.


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  • Avertissement :

    Je dois en conscience, ajouter quelques précisions sur le contexte de la photo. La triste histoire qui l’accompagne est une pure fiction de nos jours.

    J’ai pris cette photo lors d’une fête paysanne très sympathique qui fait revivre les outils et pratiques du passé. Trois chevaux tiraient ensemble une antique charrue d’un seul soc, dans un champ dont la terre était déjà bien meuble (j’ai vérifié !). Ils ne semblaient pas malheureux et même s’amuser de cette activité exceptionnelle de nos jours.

    Les personnes qui les dirigeaient leur prodiguaient des attentions amoureuses. Je n’ai aucun doute sur le respect avec lequel ils étaient traités.

    Et j’admire les organisateurs de cette manifestation qui montrent une belle image du monde agricole.

    En conclusion, considérez cette histoire comme une fable.  Qui d’autres pourriez-vous imaginer à la place des personnages de l’histoire ?

     

    PS :

    Pardon aux artisans bouchers. Pour les mangeurs de cheval, là, j’ai plus de mal.

    Ça, par exemple, c’est sympa : http://www.equids.com/centres-retraite.php, et il y a bien d’autres sites sur net.

     

    Hue hôôôô

    Et l’autre-là qui crie sans cesse huela ho

    Commence vraiment à m’échauffer les oreilles

    A l’écouter il faudrait labourer au trot

    Un de ces quatres j’écraserai ses orteils.

     

    La terre colle au fer et mes sabots sont lourds

    À tirer la charrue dans ces sillons profonds

    Attends un peu mon p’tit gaillard au prochain tour

    Par surprise je t’aplatirai les arpions.

     

    A force de labourer ce champ en courant

    Mes pauvres guiboles sont réduites en compote

    J’en ai plein de dos de ce manège harassant

    Je te jetterai un gros crottin sur les bottes.

     

    La médaille du mérite agricole en or

    Devrait briller et balancer à mon harnais

    Mais au lieu de ça je tire et je tire encore

    Je t’ exploserai ‘’proutt’’ un gros pet dans le nez.

     

    Je voudrais me rouler le dos dans la rosée

    Trottiner dans un ruisseau en m’éclaboussant

    M’enivrer du parfum des petites fleurs des prés

    Je t’enverrai une ruade dans les dents.

     

    Ce n’est pas une longue retraite qui m’attend  

    Mais un boucher et mes naseaux froids dans la sciure

    Ce sera bien fait pour tous ses vilains chalands

    Qui se casseront les dents sur mon steak trop dur.

     

    Hiiiiiiihiiiiiiihiiiiii

     

    Hue hôôôô

     


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  • Chhhhuuuiiiipppfffffffffffssssss

    Les feuilles chuchotent

    Se préviennent en bonnes voisines

    _ ‘’ Noisettes soyez discrètes

    Mûres plus un murmure derrières vos épines’’.

     

    Les oreilles se dressent garde à vous

    Toutes ensembles immobiles

    _’’ Lapins zozios chevreuils cachez vous

    Vite vite vite  invisibles tranquilles‘’.

     

    Zéphyr devant derrière vous a averti

    _’’ ce n’est peut-être qu’un appareil photo.’’

    Mais vous êtes habitués aux fusils

    _’’Pas de blague planquez vos museaux’’.


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  • Petite fée.

     

    Il était une fois une petite fée

    Qui enchante notre foyer

     

    De ses petites histoires

    Elle réveille la maison de poupées

    Qui dormait dans une armoire

    Toute la semaine enfermée

     

    Dans sa mini sweet home

    Son imagination danse

    La famille Petit-Bonhomme

    Est en pleine effervescence

     

    Les petites voitures du garage

    Font le plein d’énergie joyeuse

    Commence un remue-ménage

    De 24 heures heureuses

     

    Pare-chocs contre pare-chocs

    Dans les virages du tapis

    Elles doublent le tracteur mastoc

    Qui perd une roue sapristi

     

    Dans le jardin il fait beau

    Mamie sort le landau bleu

    Papy regonfle le tricyclo

    Pour un tour à la queue leu leu

     

    Vous aurez compris

    Que sous le soleil radieux

    De ses trois ans et demi

    C’est fou on est heureux

     

    Et ce n’est pas fini

    Car à l’horizon

    Pour une nouvelle vie

    Se pointe un polisson.


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  • Miroir, mon beau miroir.

    Le soleil aime la glace

    D’abord il s’y admire

    Puis sans réfléchir

    La réchauffe et la mange

     

    La glace hait le soleil

    Elle se couvre de paillettes

    Et d’un fard d’eau

    Avant de fondre en larme

     

    La Lune aime la glace

    Avec son reflet nacré

    Elle lèche le miroir d’argent

    Et l’habille d’une robe d’étoiles.


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  • Ombrelle.

     

    Une ombrelle de dentelles et de broderies

    Cousue avec le fil blanc de la vie

     

    Une ombrelle pour des rèves éveillés

    Les yeux ouverts dans un ciel d’été

     

    Une ombrelle sous un soleil tranquille

    Retient les parfums des pensées volatiles

     

    Une ombrelle pour valser en silence

    Pas à pas un deux trois dans la danse

     

    Une ombrelle agitée de fantaisie

    Tourne entre des doigts les ongles vernis

     

    Une ombrelle perchée sur les souvenirs

    En forme de nuages et une Dame d’en rire.

     


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  • 3 845 tonnes et toujours besoin d'un plus petit que soi.

     

    Je suis un gros cargo

    Mieux vaut ne pas évoquer

    Ce que j’ai apporté

    Ce n’est pas bio

     

    J’aimerais être une barque ruinée

    Prise dans la vase d’une berge

    Et servir de belle auberge

    Aux petits poissons délurés

     

    Ou un élégant voilier en bois

    Chargé de tonneaux de bière

    Et remporter en Angleterre

    Du vin de Loire ou d’Arbois

     

    Ou un Optimist sur une plage

    Plein d’enfants rigolards

    D’apprentis marins braillards

    Sur une mer douce et sage

     

    Ou le pédalo∗ de George en rêvant à Léo

    Sur son bateau espagnole∗∗ hisse et ho

    Poussé par Eole jusqu’aux Marquises∗∗∗

    Pour saluer Jacques sous la brise.

     

    ∗ Supplique (George Brassens)

    ∗∗ Le bateau espagnole (Léo Ferré)

    ∗∗∗ Les Marquises (Jacques Brel)


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  • Avec les arêtes.

    Pauvre poisson il a baissé les nageoires

    Ses arêtes dépassent de l’eau tombale

    Dessous elles sont plantées dans la vase noire

    Du cimetière de profundis fatal

     

    Pourtant il a vécu dans un lac pur

    Pas un insecticide pas un poison

    La vieillesse l’a eu à l’usure

    Au bout de cette course de fond

     

    L’hiver sur la glace du dessus

    Les patineurs traçaient des dessins d’art

    Puis le printemps revenu

    Il chatouillait les pieds des nénuphars

     

    L’été il effleurait les ventres

    Des barboteurs nus et bronzés

    A l’automne malicieusement

    Il narguait les pécheurs agacés

     

    Finalement c’est une belle vie

    Il n’a pas connu le beurre blanc

    La cuisson à la nage au coulis de persil

    Il n’a jamais été au restaurant.


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  • Nona et Nono

    _ « Dam’ouai, ma bonne Nona
    A manger trop salé je suis tout sec »

    _ « Dam’ouai mon bon Nono
    Les embruns m’ont soudé le piton ».

     

    Nona* et Nono** sont très âgés.

    Nono le plus vieux n’a plus que la rouille sur les os.

    Quant à Nona, plus jeune d’une centaine d’années

    On devine encore ses formes d’une alliance généreuse.

     

    Le siècle précédent ils travaillèrent sans relâche

    Retenant sans faillir dans les tempêtes

    Les navires en bois accostés au quai

    Les bouts pouvaient compter sur eux.

     

    Aujourd’hui, quelques riches estivants

    Y amarrent leurs jet-skis par mer calme

    Et des goélands viennent déguster

    Les restes de sandwiches rassis.

     

    Leur plus mauvais souvenir

    Un individu retourna Nono

    Ils étaient tête bèche les malheureux

    Ce n’est pas très aisé pour se regarder.

     

    Ils attendirent dix ans ainsi

    Une gamine jouant du hula-hoop

    Après s’être trémoussée devant eux

    Bien inspirée remis Nono à l’endroit.

     

    Une fois au passage d’un petit cirque

    Les jongleurs d’anneaux face au vent

    Etaient venus s’entrainer devant eux

    Par chance sans y attacher le dromadaire.

     

    L’arc-en-ciel leur rend visite parfois

    Son alchimie transforme le fer en or

    Alors ils brillent comme des soleils

    La nuit venue la lune les couvre d’argent.

     

    Bien qu’un ciment solide les unis

    Ils regrettent un peu de ne pas être entrelacés

    Ah quelle plus belle vie encore

    S’ils étaient ainsi attachés.

     

    Une à une les pépites de rouille s’envoleront

    Deux petits trous resteront dans la pierre

     

    A vous de choisir l’épilogue :

    Et ils renaîtront ensuite en anneaux magique

    Entre les doigts agiles d’un magicien.

    Ou :

    Et ils renaîtront ensuite en alliance d’or

    Aux doigts fébriles des amoureux.

     

    Ou à vous d’imaginer….

    Nona*, Nono** : noms familiers pour Grand-mère et Grand-père en italien


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  • A la garde !

    Deux frères montaient la garde

    C’est un temps pour jouer aux cartes

    Des hallebardes* froides nous tombent dessus

    Ouai et ça pique

    On nous laisse là sur le carreau

    Le trèfle** n’a pas de cœur

    Et pas question d’allumer une clope

    Plus une feuille pour nous abriter ou nous en rouler une

    J’ai froid aux pieds ça pèle

    Ouai, et pour les décoller de cette bouillasse

    Il nous en faudrait une.

    *  : La pluie en argot

    ** : le monde, la foule en argot.


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  •  

     

    »Moulin a la parole.

    Zéphyr, souffla dans l’oreille du moulin :
    _  « Met les voiles Moulin ! ».

    Dans le flou brouillard matinal, Moulin lui retourna :
    _ « Vantard, tu penses me faire moudre ailleurs ? »

    Zéphyr souhaitait dissiper la brume et le mal entendu ;
    au bord de la dépression mais plein de bon sens,
    il cherchait un peu de conversation.
    _ « Vent-tard, moi ? Non, non, je suis à l’heure.
         Je passai en coup de vent pour te faire une petite bise ».

    Pas malin Moulin, tant qu’il n’a pas moulu son café.
    L’humeur adoucie par les volutes parfumées du petit déjeuner,
    enfin léger et aérien, Il déploya ses ailes dans le soleil levant.


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  • Pigeon vole.

    Sur le lanternon Qui pend au plafond

    De la terrasse du troquet, Monsieur Pigeon observe inquiet, L’assiette du bureaucrate.

    Rien que brocolis et patates, Carottes et panais, Fenouils et navets,

    Pas la moindre trace de petits pois. Ça calme aussitôt son émoi.

    _« Pas la peine de se faire du mouron, Rien à craindre du mironton ».

    Moralité : à la saison du raisin, Monsieur La Caille ne fait pas le malin.

    (Euh... : Madame La Caille, ça rimait pas!)


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  • Le petit pois

     

    Il en manque un ! Il a sauté, fugué, roulé je ne sais où ?

    _«Où t’es ? Tu vas te faire écraser ! Attention aux semelles en traversant ! »"

    Ah, il n’en fait qu’à sa tête de petit pois.

    _ « Reviens ici, immédiatement dans ta jardinière. Je ne le répèterai pas ! »

    Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir un turbulent comme ça ?

    _ « Tu seras privé de lardons ! »

    Il a peur des oignons, ils le font toujours pleurer.

    Hiiiiiiii...Spluarch !

    Sapristi, il s’est fait écrabouiller !

    _ « Ah bah, t’as l’air malin maintenant ! »

    Voyez-moi ça, il est tout plat, y’a plus qu’ la peau.

    _« T’as pas honte ? hein ? T’as le cerveau en purée de pois ?»

    Tant pis, il ira dans la soupe.


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  • Le Rozeau.

    Avec son antenne sur le chapeau, le roseau écoute la radio.

    A la météo, il fait beau, il fait chaud.

    _«♫ ♫ Moi, ♫ j’ai les pieds dans l’eau ! ♫ ♫»,

    Chante-t-il en trio avec les zozo-zozios

    Et les rires d’enfants qui jaillissent des pédalos.


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  •  

    Le fil des pensées s'enroule, là, autour du rouet.

    Il s'effiloche entre les doigts de la tisseuse.

    Une éruption de pensées entre ses mains...Pour coudre de fil blanc.


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